Prof. Judy Whitehead
C’était au milieu des années 1970, Judy Whitehead travaillait pour obtenir son diplôme de premier cycle à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), lorsque son intérêt de toujours a commencé à la diriger vers ce qui est devenu le centre de sa recherche future.
« J’avais toujours été fascinée par l’Asie, puisque j’avais grandi sur la côte ouest, et en particulier par l’Inde », raconte Mme Whitehead, aujourd’hui professeure associée au département d’anthropologie à l’Université de Lethbridge. « Et il y avait là [à la UBC] de merveilleux professeurs. J’ai pu prendre certains cours de hindi et d‘études asiatiques en complément à ma majeure en anthropologie. » Les professeurs de la UBC étaient alors notamment Michael Ames, qui était président de l’Institut indo-canadien Shastri, et qui, ajoute Mme Whitehead, encourageait beaucoup de gens à s’impliquer dans le travail sur l’Inde.
L’implication de Mme Whitehead au sein de l’Institut Shastri a commencé au moment où elle a reçu la bourse étudiante pour l‘étude de la langue punjabi à Patiala en 1976. Elle a ensuite poursuivi son travail aux cycles supérieurs et de nombreux projets de recherche qui avaient tous en commun les thèmes de la marginalité et de la justice sociale. La plus grande partie de son travail s’est fait dans des projets de collaboration avec des chercheurs en Inde. « L’Institut Shastri a fait du très bon travail en stimulant l’intérêt sur l’Inde partout au Canada et ce fut certainement très formateur dans ma carrière », déclare Mme Whitehead dont le doctorat portait sur l’agriculture en Inde et la façon dont le sexe et la caste entraient en ligne de compte dans les décisions sur le marché du travail dans la région rurale de l’Uttar Pradesh.
Elle a aussi fait des recherches sur la façon dont les catégories coloniales de féminité ont été introduites en Inde, et, dans les années 1990, elle a travaillé sur un projet de recherche de cinq ans visant à impliquer les expropriés du barrage de Narmada.
En 1999, Mme Whitehead a reçu une subvention pour un projet de Women in Development qui lui a permis de poursuivre sa recherche sur le barrage de Narmada, plus spécifiquement sur le sujet de la réinstallation et de la différence entre les sexes. Plus récemment, en 2005, Mme Whitehead a terminé le projet de recherche appliqué Shastri (SHARP) portant sur la pauvreté urbaine et la participation publique, et sur la politique à Mumbai en lien avec les besoins des habitants des bidonvilles.
Mais depuis, son esprit curieux n’a pas connu le repos; elle écrit actuellement à partir du matériel de cette recherche et a reçu une subvention de recherche pour professeur. Son nouveau travail s’intéresse à la façon dont le travail de domestique au centre-ville de Mumbai est refaçonné par le déplacement des habitants des bidonvilles du centre-ville vers les banlieues nord et nord-est.
« La façon si drastique dont elle [l’Inde] change offre de nombreuses possibilités aux chercheurs et avec une sorte d’accent sur la politique que l’Institut Shastri et le gouvernement indien tendent tous deux à favoriser », dit Mme Whitehead. Mais même si elle est une chercheuse expérimentée qui compte 25 ans d’expérience sur le terrain, Mme Whitehead en apprend toujours de l’Inde et espère que ses collègues plus jeunes en feront de même. « C’est un moment excitant pour s’impliquer dans les études indiennes et le besoin de mieux promouvoir le dialogue et d’augmenter la sensibilisation multiculturelle au Canada demeure, souligne Mme Whitehead. Je crois que c’est important pour les jeunes chercheurs… d’apprécier le fait que nous avons beaucoup à apprendre de l’Inde et que l’apprentissage est un processus qui se fait dans les deux sens. »
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