Dali Basu
Dali Basu n’a jamais vraiment douté de ce qu’elle allait devenir en grandissant. « Quand j’étais enfant, je ne pouvais jamais rester sans bouger, raconte la jeune fille de 27 ans. Je ne crois pas avoir jamais marché : j’ai toujours dansé. » Ce qui est peut-être surprenant c’est que Mme Basu a canalisé son énergie débordante dans l’Odissi, une danse traditionnelle indienne caractérisée par des mouvements gracieux et des poses étudiées.
Les traces de l’Odissi remontent à il y a quelques 2 000 ans, à des sculptures et à des textes anciens trouvés dans des temples à Orissa, un État de la côte est de l’Inde. Ces faits historiques ont révélé une chose pour Mme Basu : « Un danseur d’Odissi se doit de visiter Orissa et de voir les vieux temples et leur structure. »
En 2004, avec l’aide d’une bourse en arts de l’Institut Shastri, elle a quitté sa maison d’Ottawa pour faire ce voyage. En plus de voir les temples, Mme Basu a aussi retrouvé l’un des deux danseurs des temples (les Maharis) toujours en vie. Ces danseurs ont été une source de renseignements cruciale au moment où Orissi vivait un renouveau environ 50 ans après être tombée en défaveur. « C’était vraiment intéressant, car vous pouviez voir l’Odissi en elle, se rappelle Mme Basu. Elle avait les cheveux blancs et était très, très ridée – elle devait avoir plus de 80 ans –, mais elle s’est levée et a dansé un peu. »
Cette visite prouve la valeur de l’étude de l’Odissi en Inde, mais il y a d’autres avantages. Mme Basu est retournée (grâce à une autre bourse) cette année pour étudier avec un gourou à Delhi. « Au Canada, vous n’avez pas la possibilité de vous lancer dans la danse, de vous laisser aller, dit-elle. En Inde vous travaillez constamment et avec l’aide d’un gourou très, très accompli. »
Étant donné la nature rigoureuse de l’Odissi, ce genre d’immersion est essentiel. Chaque pouce de chaque mouvement est défini : les mouvements de tête, les mouvements des yeux, explique Mme Basu. Il y a 28 mouvements à une main et 23 mouvements à deux mains. » Ces mouvements sont connus sous des noms sanskrits, donc Mme Basu étudie cette langue en plus de l’hindi.
Cela représente beaucoup d’information à assimiler, mais Mme Basu, qui possède un diplôme en sciences informatiques de l’Université d’Ottawa a toujours été une bonne étudiante. Elle prouve aussi qu’elle a un potentiel de professeur. « Quand je performe au Canada, j’essaie d’inclure une partie de l’histoire de l’Odissi, dit-elle. En avril dernier, j’ai dansé à guichets fermés à Ottawa, donc 500 personnes de plus connaissent l’Odissi maintenant. »
Plus de profilsIl s’agit de la première conférence binationale et bilingue de ce genre présentée par l’Institut indo-canadien Shastri. Considérant l’important héritage francophone de Pondichéry et la présence de l’Université de Pondichéry sur la scène académique de l’Inde, cette conférence promet d’être hautement bénéfique pour tous les participants. Cet événement sera d’un intérêt particulier pour tous les chercheurs et les instituts du Québec francophones et anglophones aussi bien que pour leurs collègues de l’Inde. La participation à cette conférence est ouverte à tous les instituts à travers le Canada. Continue...
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