L'institut Shastri

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Abbas Janmohamed

Avancer à son propre rythme

Au moment où il s’est envolé pour Delhi à l’été 2005, Abbas Janmohamed faisait son premier voyage en Inde, mais, d’une certaine façon, il renouait avec un vieil ami qu’il avait perdu de vue.

M. Janmohamed utilisait une bourse en arts de l’Institut Shastri pour poursuivre sa passion pour le tabla, l’instrument de percussion indien dont il avait commencé à jouer à l‘âge de neuf ans à Calgary. Après trois ans, son professeur lui a conseillé d’aller en Inde pour poursuivre ses études. « Il m’a dit que je devrais trouver un ustad (un maître), explique M. Janmohamed. Personne à Calgary n’avait ce genre de maîtrise sur la musique. »

Et donc, le jeune de 12 ans a mis de côté son tabla et s’est concentré sur ses études. Mais même s’il ne jouait pas de la musique, sa passion n’avait pas diminué. « Tout au long de mon secondaire, j’ai gardé le tabla au chaud dans ma chambre, raconte M. Janmohamed, maintenant âgé de 22 ans. Je m’occupais de lui. Je l’aimais. »

Pendant six mois d’études intensives auprès d’un gourou à Delhi, M. Janmohamed a renoué avec sa passion, tout en raffinant son son et sa technique. Après cette solide base théorique, l’étape suivante était d’apprendre un nouveau répertoire. Pour ce faire, il a décidé de partir à la recherche de son idole, Zakir Hussain, l’homme dont les disques avaient accompagné sa jeunesse.

Quand la légende du tabla est venue présenter un concert à Delhi, M. Janmohamed a attendu dans le hall de son hôtel. Sa persistance a porté fruit puisque Zakir Hussain a laissé Abbas Janmohamed l’accompagner jusqu’au concert et lui a conseillé d’aller étudier à Mumbai auprès d’un autre gourou, Prafulla Athalye.

Ne voulant pas contredire son idole, M. Janmohamed a fait ce qu’il lui avait conseillé. « Ça a été une expérience incroyable, se rappelle-t-il. Mon gourou m’enseignait des compositions n’importe où, n’importe quand, sur la rue ou dans un pousse-pousse. » L’amélioration de M. Janmohamed a été spectaculaire et l’expérience a aussi réaffirmé l’importance du tabla dans sa vie.

Lorsqu’il va diplômer de la Haskayne School of Business de l’Université de Calgary ce printemps, M. Janmohamed compte poursuivre une carrière en finances, mais son tabla ne se retrouvera plus sous une couverture dans sa chambre. Il a commencé à enseigner et a même collaboré avec un groupe de hip-hop de Montréal. « Le tabla peut s’adapter à toutes sortes de musiques, dit M. Janmohamed. J’aimerais étendre les horizons du tabla. » S’il réussit, il aura fait pour le tabla ce que son voyage en Inde a fait pour lui.

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