L'institut Shastri

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Prof. R. Indira

Voir la forêt, les arbres et les gens

En 1999, un projet conjoint de l’Agence canadienne de développement international et de l’Institut Shastri a mené Mme R. Indira à des communautés isolées dans la forêt de l’État du Karnataka dans le sud de l’Inde où les villages étaient tous coupés du monde extérieur. Les femmes résidant dans ces lieux étaient tout aussi isolées.

« Un grand nombre d’entre elles n’avaient pas l’habitude de parler en public, se rappelle Mme Indira. Nous avons essayé de faire voir aux femmes qu’elles devaient participer et poser des questions. » Pour ce faire, Mme Indira, professeure de sociologie et directrice du centre international à l’Université de Mysore, a aidé à la mise sur pied d’un groupe d’entraide pour les femmes.

En trois ans, Mme Indira a vu beaucoup de changements. « Même l’idée que des femmes et des hommes soient assis ensemble posait un gros problème au départ », raconte-t-elle. Mais avec le temps, cette idée a été acceptée et a mené à des changements plus importants. « Même les représentants de l’État disaient : “C’est la première fois que nous voyons autant de femmes sortir de leurs maisons pour participer à des événements publics.” »

Durant un projet de suivi financé par l’Institut Shastri en 2003, Mme Indira et son équipe ont examiné la possibilité d’étendre la portée des groupes d’entraide, dont de nombreux avaient été créés sous forme de groupes d’épargne ou de microfinancement. « Nous voulions les voir comme des centres autour desquels les femmes se rallieraient pour traiter les problèmes plus importants du développement rural », explique Mme Indira.

Dans le cadre de ce deuxième projet, un centre communautaire comprenant une salle informatique, un salon avec télévision et une bibliothèque a été établi dans un village. Un deuxième centre informatique a suivi rapidement dans un bâtiment le long d’une route principale. Aujourd’hui, d’après Mme Indira toutes sortes de gens – étudiants, médecins, fonctionnaires – utilisent ces installations.

Une troupe de théâtre qui aborde des problèmes comme l’alcoolisme et l’importance de l’éducation a également été fondée. D’autres impacts durables sont notamment la carte qui comprend toutes les infrastructures du district et un manuel servant à guider les gens dans la mise sur pied et la gestion des groupes d’entraide.

Pour Mme Indira, l’impact durable le plus important est sa relation avec les femmes de là-bas. « Elles m’appellent encore parfois et me demandent si je peux venir discuter des problèmes avec elles », raconte-t-elle. Peu importe les résultats de ces discussions, les groupes d’entraide ont un avantage en soi. « Ils font bouger les femmes, elles sortent pour voir d’autres gens et partagent leurs expériences », dit Mme Indira. Bien sûr, les groupes permettent aussi de s’assurer que si une femme s’exprime dans la forêt, tout le monde l’entend.

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